Le long de la côte de Majorque

Samedi 29 septembre
Je lève l’ancre, le temps est affreux, orage, grains, pluie, mais rapidement le vent tombe laissant une mer dégueulasse.
Je mets le moteur, car on ne reste pas longtemps puriste en Méditerranée et décide de m’arrêter à Puerto Christo, sur l’île de Majorque.

C’est très beau – les bords de l’eau très vallonnés sont occupés par de belles villas entourées de pelouses bien vertes. Il n’y a pas de doute, ici, c’est une colonie anglaise qui occupe l’espace.
Au fond d’une anse il y a une petite Marina. Je suis immédiatement interpellé, en anglais, par le gardien. Non, décidément, je ne suis pas sensible au charme de cette Marina. Qui plus est, le secteur paraît désert, aussi Maya reprend-il le large direction Porto Colomb.

Il pleut maintenant sans arrêt et je suis ravi de mouiller ma pioche et de rentrer dans ma coquille douillette sans m’intéresser à l’environnement.
Le plan d’eau est très calme ; il semble y avoir plusieurs bateaux au mouillage. Je verrai de m’y intéresser, demain ou après.

Lundi 1er octobre.
C’est le changement d’heure en Espagne.
Résultat à 19 h. il fait nuit.
Je n’ai rien à dire sur cet endroit. Décidément Majorque ne m’inspire pas. C’est la plus connue des trois grandes îles des Baléares et la plus agressée par le tourisme de masse.
De ce fait elle n’offre que ce que les vacanciers en attendent, c’est-à-dire le même confort normalisé que chez eux, avec néanmoins une petite note d’exotisme, car en tendant l’oreille, on peut y entendre parler, anglais, allemand, français et parfois espagnol…

Neuf miles en 1 heure me mènent à Porto-Cristo – Maya a rarement été aussi véloce – Il est vrai que le vent est frais et la mer sur l’arrière.
Le port est aménagé sur une rivière et on y accède par une chicane qui laisse à penser que la protection est totale. Erreur, par fort vent de secteur Est, la mer franchit la digue d’aspect pourtant rassurant et propage un clapot dangereux si l’on est resté dans la courte zone de mouillage.

Une jolie plage de sable à l’entrée, au pied de la ville ne suffit pas à amortir le ressac.
Je me laisse toutefois tenter par la visite d’une grotte magnifique, Cuevas Drach. Au fond est aménagé un auditorium au pied duquel coule une rivière souterraine. Un spectacle son et lumière est donné sur celle-ci, la roche amplifiant parfaitement les sons. L’acoustique est un vrai bonheur.

Quelques emplettes, le plein d’eau et je file sur Cala Radjada, dernière escale Majorquine avant d’aller découvrir Menorca que j’aperçois pour la première à l’horizon. Une vingtaine de miles nous sépare. Peut-être à demain ?

L’avant port de Cala Radjada n’est pas protégé du suroît qui commence à souffler.
Il n’y a pas encore la marina figurant sur la carte.
Il n’y a plus de place au quai de la grande jetée qui protège le port, et je n’ai pas trop envie de me mettre à couple le plan d’eau étant très agité.
Je mouille mon ancre arrière, car avec un vent latéral et peu de place, je ne peux seul gérer mouillage avant et moteur. J’approche mon étrave de la jetée intérieure protégeant le port de pêche.
Ça ira pour aujourd’hui.
La nuit tombe déjà et très bientôt j’ai rendez-vous avec la radio qui retransmet les matchs retour de coupe d’Europe.
Je ne dors pas tranquille parce que la houle s’est amplifiée et nous roulons beaucoup.
A 8 heures, je suis debout et note que le baromètre est sérieusement descendu.
Cela confirme la météo d’hier soir : S.O. 5 à 7.
Le vent me prend par l’arrière, sur mon ancre.
Si ça se corse, il ne sera pas facile de déraper, surtout seul pour manœuvrer et remonter l’ancre.
Par prudence, je me mets à l’eau et porte une aussière arrière jusqu’au quai perpendiculaire. Cela devrait soulager l’ancre.
Mon installation à peine terminée, les choses sérieuses commencent. Des rafales de plus en plus violentes malmènent les mouillages.
Mon voisin se retrouve rapidement étrave contre quai et plusieurs autres sont en train d’essayer de se dégager.
Pour l’instant mon installation semble efficace et je peux aider mon vis-à-vis à se dégager du quai, mais le 5-7 n’est pas encore établi et je n’ai pas envie de l’attendre dans cette position.
Nous sommes informés que le Capitaine du port nous autorise à venir dans le bassin des pêcheurs et personne ne se fait prier.
La manœuvre de dégagement se déroule mieux que je ne le craignais, car assuré par l’aussière, je peux remonter mon mouillage sur le zodiac et me déplacer ensuite.
À la météo du soir, il n’est question que de force 9-10 et 11 sur presque toutes les zones.
Au large d’Alicante les vagues atteindraient 13 mètres ?
Le vent s’établissant O – S.O, nous sommes relativement bien protégés par l’île ; dans ce bassin aucun risque.
Au matin, le plan d’eau est beaucoup plus calme. Je pense que le vent remonte au N.O. et ne peut plus franchir l’île qui nous protège totalement.
La plupart des voiliers quittent le port et j’en profite pour prendre une place au quai extérieur. C’est quand même plus sympa, car beaucoup de baladeurs circulent sur cette jetée et cela occupe le regard.
Je n’ai pas envie de partir parce que le détroit entre les îles doit être terriblement exposé. Je peux voir à 2 – 3 miles, à la pointe N.E. de Majorque, des vagues impressionnantes ; il serait étonnant qu’il n’y ait pas aussi beaucoup de vent.
La météo n’annonce pas force 10 sans raison.
Ceux qui ont quitté le port descendaient au Sud, sous la protection de l’île.
Le baromètre remonte un peu : 1004 millibars. Pardon aujourd’hui on dit hectopascals…
Il se pourrait bien que le front froid approche.

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