Ile Cabrera

Trois jours à Palma me paraissent suffisants.
Je n’apprécie pas particulièrement cette ville et encore moins le port, du moins le quai public ou, mouillés sur ancre, une aussière arrière sur le quai, nous subissons fréquemment à cette saison de violentes rafales qui se subliment en franchissant la passe d’entrée du port…
Et puis, avec un douze mètres, je me sens infiniment petit dans les ports de la baie abritant plus de 3.000 bateaux dont beaucoup dépassent les 20 mètres.
Une grande partie de cette flotte vient de nos ports de Nice, Cannes, Antibes, à la suite des taxations démagogiques décrétées en 81…
Merci pour la solidarité avec les chantiers espagnols.

Jeudi 27 septembre.
Pas très en forme, je ne relève l’ancre qu’à 11 h.30 et bien sûr, après 1 heure de moteur, le vent se lève de face.
Je ne suis pas très fixé sur ma destination, mais en regardant la carte, je repère l’île de Cabrera et sa baie très fermée. Allez, c’est juste un petit crochet avant de repartir au nord.

Je tire bords sur bords, winchant comme un forçat, quand tout à coup, un clapet anti-retour se bloque ; la manivelle m’échappe, frappe mon poignet et percute ma cage thoracique.
Le souffle bloqué je m’effondre au fond du cockpit.
J’arrive à émerger au bout d’une demie d’heure, mais sonné je préfère affaler la voilure et confier au moteur et au pilote électrique le soin de me conduire à Cabrera où je pénètre à la nuit tombée. La passe est bien balisée.
Je mouille le plus près possible du rivage, car les fonds sont importants et vais chercher dans ma pharmacie de quoi calmer les élancements que je ressens.

Vendredi le temps est gris et il pleut de temps à autre, mais quel site fantastique.
C’est un des plus beaux ports naturels que je connaisse. De l’intérieur, on ne peut voir ce qui se passe dehors.
J’ai l’impression d’être sur un lac.
Cinq ou six voiliers inhabités sont au mouillage et quelques barques de pêche le long d’un petit quai.
Je ne vois qu’une maison, les autres bâtiments étant occupés par une section de militaires !
Un voilier espagnol entre dans la baie et vient s’amarrer au quai. Souhaitant marcher un peu, mais sans gonfler le zodiac, ce qui au-dessus de mes forces, je décide aussi de venir à quai.
Surprise, des militaires viennent immédiatement me demander si j’ai une autorisation ? J’explique que je souhaite seulement me reposer et faire une balade dans l’île et qu’ensuite le mouillage me conviendra aussi bien. J’apprends que l’île est zone militaire et que personne ne peut s’y promener.
Les occupants du bateau espagnol interviennent en ma faveur, parlementent et finalement je suis autorisé à rester.
Je sympathise avec cet équipage et ils m’invitent à dîner. Nous convenons que la cuisine sera préparée chez eux, mais que le repas se passera sur Maya, plus spacieux.
Soupe de poisson préparée avec une bonite pêchée par eux en venant, Paella, gâteaux, vins Catalans, mais aussi Rioja que j’affectionne particulièrement. C’est l’orgie, car pour eux les vacances sont terminées.
Quelle gentillesse, quelle simplicité ces Espagnols, je ne le dirai jamais assez et aussi quel tact et quelle délicatesse. Le lendemain, avant de partir ils apporteront sur Maya toutes les provisions restant dans leur cambuse, en s’arrangeant pour me mettre dans la peau de celui qui leur rend un grand service en les débarrassant de ces produits qu’ils ne veulent pas ramener à terre…
Merci Pédro Roca,
Merci Pédro Banza,
Merci Miquel Roser,
Merci Juan Fromcall

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