10 avril – fin du parcours ?

10 Avril

Il est de plus en plus évident que notre aventure familiale sur Maya vit ses derniers instants.
Les enfants en ont assez de ce voyage.
Michèle est très atteinte moralement.
Il va falloir envisager de renoncer à aller plus loin.

Pour moi, c’est l’effondrement d’un rêve et j’ai énormément de mal à l’admettre.
Mes réactions à l’hostilité générale sont totalement négatives. Je me fâche sans arrêts, accuse les enfants de provoquer cette situation, Michèle de les soutenir et de se servir d’eux pour motiver son intention de rentrer en France.
Mon comportement est odieux ; je m’en rends compte et mon désarroi est total.
Je n’arrive pas à mettre un peu d’ordre dans ma tête.
Faire marche arrière maintenant m’est intolérable, continuer tout seul tout autant.
La tension à bord est difficilement supportable. Les enfants ne rentrent plus que le soir et ont cessé complètement de suivre leurs cours. Michèle s’isole sur la plage…
Nous ne sommes pas les seuls ici dans cette conjoncture. Un couple vient de réussir à négocier la vente de leur bateau et, après s’être partagé l’argent, chacun est parti de son côté
Patrick que j’aime beaucoup sombre petit à petit dans une torpeur, alimentée par la consommation grandissante d’herbe. Sa copine a mis son sac à bord d’un autre bateau il y a un mois…

John-je-sais-tout me suggère de remonter en Méditerranée et m’indique un endroit sur la côte italienne où on peut gagner sa vie en faisant du charter sans être contrôlés par les autorités.
Cela me redonne une raison d’espérer limiter les dégâts. Après tout Michèle voulait à l’origine visiter la Grèce et la Turquie, alors pourquoi ne pas faire une saison d’été en Italie et aller ensuite hiverner plus à l’est ?
Tout ce petit monde pourrait prendre l’avion pour Malaga, m’attendre là-bas et ensuite, nous pourrions tranquillement rejoindre l’île d’Elbe…
Mon espoir de les faire adhérer à ce projet est de courte durée. Tout le monde est bien d’accord sur un seul point, prendre l’avion pour Malaga, mais ensuite ?
Olivier souhaite rentrer en France retrouver un copain dont les parents exploitent un terrain de camping sur la côte d’Azur où ils pourraient travailler sans problèmes !
Sandra veut aller dans ma famille à Annecy.
Seule Michèle envisage de m’attendre dans les environs de Malaga, mais n’est pas décidée à partir ensuite en Italie.
Tout ceci n’est guère réjouissant, mais nous laisse un délai supplémentaire pour envisager une suite
Une séparation provisoire ne peut qu’être positive.
Il est temps de rompre le cercle infernal des reproches permanents.

Les quinze jours d’attente avant le départ, faute d’avion disponible, furent durs pour tout le monde.
Je ne retrouve qu’un blanc dans mon livre de bord entre le 12 avril et le 15 juin.
Il est éloquent !

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